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Principe du moteur de la Révolution

 
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MessagePosté le: Mer 24 Aoû - 13:28 (2016)    Sujet du message: Principe du moteur de la Révolution Répondre en citant

Principe du moteur de la Révolution


Le piège fatal du suffrage universel
lundi 20 février 2012 par Faoudel

Nombreux sont les catholiques et/ou les monarchistes qui, par le biais du suffrage universel, espèrent restaurer la cité traditionnelle — ou au moins freiner la révolution. Il suffirait pour cela d’une campagne électorale, ou d’un lobbying bien mené. Difficile en effet de résister à la tentation de prendre l’adversaire à son propre piège, en utilisant l’arme qu’il met à notre disposition : le vote. Et pourtant, ce serait se méprendre tragiquement sur la nature de cette arme qui corrompt tous ceux qui en usent.

Table des matières

Introduction

Au cours de cette étude nous tenterons de modéliser le fonctionnement du processus révolutionnaire.
Un modèle est une description, une représentation de la réalité destinée à nous la rendre intelligible. Si un modèle n’a jamais la prétention de s’identifier à la vérité — à une connaissance parfaite d’un phénomène ou d’une chose — en revanche il permet d’acquérir plus de vérité sur l’objet de l’étude.
Or le phénomène révolutionnaire, par son ampleur et le caractère inexorable de sa propagation, semble confirmer la croyance de ses promoteurs selon laquelle il y aurait un sens de l’histoire, un progrès de l’humanité. Au contraire, il apparaît presque inintelligible au penseur traditionaliste, à telle enseigne que certains sont tentés d’expliquer son expansion par la seule intervention surnaturelle de forces démoniaques. La question se pose donc :
toute cité traditionnelle serait-elle donc condamnée à disparaître définitivement ?
Par ailleurs, la Révolution française qui voit la disparition d’une monarchie plus que millénaire, née de l’alliance du Trône et l’Autel, du Pacte de Tolbiac entre Clovis et Dieu, cette Révolution est un événement si considérable, que les défenseurs de la France traditionnelle en arrivent à s’appeler eux-mêmes « contre-révolutionnaires ». Ils se définissent donc par rapport à leur ennemi comme s’ils avaient perdu leur identité.
Ceux-la, parce qu’ils oublient les principes traditionnels, sont tentés de battre la Révolution sur son propre terrain et avec les outils qu’elle met à leur disposition comme le suffrage universel.
Mais le vote pratiqué dans ces conditions, est-il une arme aussi neutre qu’ils le croient ou le prétendent ? est-il sans effet sur celui qui l’utilise ?
Pour répondre à ces questions, et puisqu’il s’agit d’une guerre entre un monde traditionnel et un monde révolutionnaire, nous commencerons par consulter un guerrier illustre, le général chinois Sun Tzu (VIe siècle av. J.C.). Or, dans son ouvrage L’Art de la Guerre ce dernier déclare :
Citation:
Qui connaît l’autre et se connaît, en cent combats ne sera point défait ; qui ne connaît pas l’autre mais se connaît sera vainqueur une fois sur deux ; qui ne connaît pas plus l’autre qu’il ne se connaît sera toujours défait [1].

Il nous faut donc commencer par essayer de bien identifier les deux forces en présence.
Les deux cités
Une distinction traditionnelle
Il faut reconnaitre dans le Berbère saint Augustin (354-430) l’un des principaux artisans de l’Occident chrétien, et son chef d’œuvre La Cité de Dieu, reste une référence essentielle aux sciences politiques. Dans cet ouvrage, l’évêque d’Hippone distingue deux cités :
Citation:
Deux amours ont bâti deux cités ; l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité de Dieu [2].

Le médiéviste Lemarignier (1908-1980) commente :
Citation:
La cité de Dieu, c’est la cité des justes qui cherchent le royaume de Dieu avant de faire partie, dans le ciel, du nombre des élus. À cette cité de Dieu, civitas Dei, saint Augustin oppose la cité terrestre, civitas terrena, qui groupe ceux qui ne cherchent pas le Royaume de Dieu. Aux uns et aux autres, il a donné le nom mystique de « cité »… [3].

Avec l’avènement de la Modernité, l’amour de soi prend sa revanche, les Lumières le dotent d’un corpus doctrinal et politique qui produit un type de société inédit dans l’histoire de l’humanité : Dieu y est absent des institutions et relégué dans la sphère privée.
Comme un écho à la vieille distinction augustinienne, et pour rendre compte de l’apparition cette nouveauté, les sociologues, historiens et philosophes ont introduit les concepts d’hétéronomie et d’autonomie :
La société hétéronome trouve sa justification, sa légitimité hors d’elle-même, dans la divinité ; Jean-Luc Chabot, juriste et professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris, précise :
Citation:
Les sociétés dites hétéronomes fonctionnent[…] sur la base d’un système de valeurs découlant d’un principe qui leur est à la fois extérieur et supérieur[…], elles sont marquées par la transcendance de la divinité au regard de la vie humaine et de son organisation sociale [4].

Tel est le cas de France monarchique où Jésus-Christ est reconnu institutionnellement vrai Roi par son lieutenant lors de la cérémonie du sacre. Cette société chrétienne mérite donc pleinement la qualification de cité de Dieu.
La société autonome trouve sa justification, sa légitimité, en elle-même et en fin de compte, dans l’homme.
Citation:
Au sein [des] sociétés d’Europe occidentale s’est développé à partir du XVIe siècle un dessein d’autonomie, non pas seulement du pouvoir civil par rapport au pouvoir ecclésiastique, mais bien plus fondamentalement de la société humaine prétendant se constituer en principe d’elle-même.
Un tel propos visait implicitement à opérer un transfert de l’absolu de la transcendance religieuse au profit de l’immanence politique et sociale, à substituer une normativité fondée sur l’altérité religieuse par une normativité purement humaine, ayant une prétention à s’autolégitimer soit par la raison individuelle, soit par l’ordre social [5].


C’est le cas des sociétés issues des trois idéologies révolutionnaires de 1789 : le libéralisme, le nationalisme et le socialisme. Nous appellerons cette société inédite issue de la modernité, la cité de l’homme-dieu.
Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry (né en 1951) affirme dans L’Homme-Dieu ou le sens de la vie que les sentiments qui émergent de la modernité « témoignent d’un rapport nouveau au sacré : une transcendance inscrite dans l’immanence à la subjectivité humaine, dans l’espace d’un humanisme de l’homme-Dieu [6]. »
Essentiellement, l’objet du combat entre ces deux cités est une conception radicalement opposée de ce qu’est l’être humain et de sa place.
La conception chrétienne de l’homme
Il existe une seule nature humaine à travers les âges. De la lecture des textes bibliques en passant par ceux de l’antiquité jusqu’à l’époque contemporaine, on constate que l’homme ne change pas : il se pose toujours les mêmes questions, éprouve les mêmes sentiments, il est toujours le siège des mêmes passions, des mêmes détresses et des mêmes espoirs.
La morale naturelle est une science fondée sur l’observation du comportement humain. Son principe part du constat — énoncé entre autres par Aristote — que « l’homme est par nature un animal politique [7]. » Cette science étudie la hiérarchie dans les actes humains pour parvenir au bonheur maximum. Quand il traite de la loi naturelle, saint Thomas dit tout simplement :
Citation:
il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison. Ce qui est proprement agir selon la vertu [8].

L’intelligence de l’homme a été obscurcie par le péché originel, et à cause de ses passions, il est souvent tenté de justifier ses actes mauvais contre la morale naturelle. Pour l’aider à se repérer et grâce à la Révélation, Dieu — son créateur — lui a fait cadeau des dix commandements résumés dans le commandement d’amour de Dieu et du prochain.
En tant que créateur, Dieu est la source du pouvoir. Jésus dit à Pilate :
Citation:
Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut [9].

Saint Paul confirme :
Citation:
Tout pouvoir vient de Dieu [10].

Dieu est le principe et la fin de toute chose :
Citation:
Au commencement était le Verbe [11].

Enfin, si le sacrifice de Jésus Christ a permis la Rédemption du genre humain, le salut est individuel et réclame de nous une acceptation de notre nature : Dieu nous a voulus animaux politiques. Or la vie en société n’est possible que parce que nous avons besoin les uns des autres, parce que nous sommes différents et donc inégaux.
La conception révolutionnaire de l’homme
Il n’existe pas de nature humaine, l’homme évolue continuellement à travers les âges vers quelque chose de supérieur. C’est la théorie de l’évolutionnisme, le mythe du progrès de l’humanité. Mais vers quoi l’homme peut-il progresser, si ce n’est vers une sorte d’état angélique puis divin ?
Il ne saurait y avoir de morale fixe. Mieux ! l’homme moderne estime superbement qu’il est parvenu à la phase adulte de son évolution, il doit donc s’affranchir de cette morale d’un autre âge, élaborée par l’esprit archaïque, frustre et masochiste de nos ancêtres.
L’évolution est inéluctable, c’est le fameux sens de l’histoire. La Révolution permet d’accélérer la prise de conscience par l’humanité de sa grande destinée. L’homme en marche vers la divinité peut enfin décider pour lui-même. Le philosophe hégélien allemand Feuerbach (1804-1872) déclare :
Citation:
L’être absolu, le Dieu de l’homme, c’est l’être même de l’homme [12].

L’homme de la modernité s’affirme désormais la source du pouvoir comme le déclare à l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1791 :
Citation:
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation.

Et à l’article 2 du titre III de cette même constitution renchérit :
Citation:
La nation, de qui seule émanent tous les pouvoirs…

Mgr Gaume résume ainsi la doctrine révolutionnaire :
Citation:
Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et dieu tout ensemble [13].

Le ministre franc-maçon Jules Ferry (1832-1893) ne dit pas autre chose :
Citation:
Mon but, c’est d’organiser l’humanité sans Dieu et sans roi [14].

Pareillement, le Moderne royaliste Charles Maurras (1858-1952) nous rapporte le fondement de la philosophie positiviste — autonome et immanentiste — de son maître à penser, le philosophe français Auguste Comte (1798-1757) :
Citation:
le philosophe poursuivait son programme de réorganiser, en effet, sans Dieu ni roi [15].

Et Maurras précise :
Citation:
Les mots de royauté et de roi ont chez Comte une acceptation bien définie : ils veulent dire roi et royauté de droit divin [16].

Mais l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu reste plus « naturelle » en république qu’en monarchie, aussi le philosophe Marcel Gauchet (né en 1946) déclare-t-il :
Citation:
La république c’est le régime de la liberté humaine contre l’hétéronomie religieuse. Telle est sa définition véritablement philosophique [17].

La Révolution se présente à elle-même comme un mouvement permanent et éternel : « Au commencement était l’action [18]. » selon la parole célèbre de Faust dans la tragédie du franc-maçon Goethe (1749-1832).
L’État révolutionnaire se pose en rédempteur et prétend apporter un salut collectif par la réalisation de l’égalité. Jules Ferry déclare encore :
Citation:
Qu’est-ce d’abord que l’égalité ? C’est la loi même du progrès humain ! c’est un fait social, c’est l’essence même et la légitimité de la société à laquelle nous appartenons. En effet, la société humaine n’a qu’une fin dernière : atténuer de plus en plus, à travers les âges, les inégalités primitives données par la nature [19].

Si la Révolution n’est pas naturelle,
  • comment expliquer sa pérennité depuis plus de deux siècles ?
  • comment se fait-il que le nombre de partisans de la cité de l’homme-dieu ne cesse d’augmenter ?
  • comment expliquer ce mouvement artificiel et permanent de conversion des esprits de la cité de Dieu à la cité de l’homme-dieu ?

Or un mouvement artificiel et permanent ne peut être entretenu que par un moteur ; d’où cette idée de modéliser le phénomène révolutionnaire par un moteur.


Source et suite: http://www.viveleroy.fr/Principe-du-moteur-de-la,71


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MessagePosté le: Mer 24 Aoû - 13:28 (2016)    Sujet du message: Publicité

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